Livres - N°101 - Décembre/Janvier 2013

DVD et livres

Noires désir, un film de Gilles Chappaz, production Seven Doc, 23 €

Ce documentaire raconte la vie d’éleveurs de vaches de la race d’Hérens, une race en voie d’extinction dans la vallée de Chamonix. Par passion pour cette bête, ces agriculteurs tout autant en voie d’extinction, suivis par le réalisateur, confient leur amour, leur plaisir de détailler les caractéristiques d’une vache «un peu plus intelligente» que les autres et qui les font craquer au point d’avoir la larme à l’œil lorsqu’il faut s’en séparer. Cette noire naturellement belliqueuse est surtout élevée pour sauvegarder sa race dans cette haute vallée du département en proie au tourisme de masse, où il faut partager l’herbe avec de nombreux autres pratiquants de la montagne. Et finalement, en trente ans, ces éleveurs ont réussi le pari de rendre cette Hérens omniprésente sur les dépliants touristiques ; de faire en sorte que les jours de combats des reines plus de 3 000 spectateurs viennent y assister. C’est ainsi qu’une réelle sympathie s’est emparée des visiteurs pour cette vache noire aux cornes parfois à l’horizontal, aux poils frisés sur le crâne, au museau court. Par ricochet la sympathie s’est déportée vers ces paysans, derniers des Mohicans, entre Vallorcine et Les Houches, qui prennent sur leurs économies pour acheter une bête pour le pur plaisir de l’observer et de la bichonner. De ce côté-ci de la frontière les combats sont amateurs et c’est ce qui fait de ces journées un moment de convivialité et de rencontre entre les éleveurs des différents villages de la vallée épris d’une vache noire aimant par dessus tout la liberté des alpages tout autant que leurs propriétaires.

 

Pierre Mazeaud la vie en face(s), un film de Gilles Chappaz, production Seven Doc, 23 €

Homme pour le moins discret, Pierre  Mazeaud s’est forgé  un destin hors normes entre politique, droit et alpinisme. Trois passions qu’il a su marier jusqu’au plus haut niveau, lui qui a gravi l’Everest à presque 50 ans, est devenu président du Conseil constitutionnel après avoir été ministre des Sports puis conseiller d’Etat. Ce film de Gilles Chappaz fait apparaître un homme singulier, franc et intègre. Avouant à 84 ans avoir connu ses plus belles amitiés dans le monde de l’alpinisme qui, au final, demeure la plus grande passion de sa vie. Pierre Mazeaud dresse ainsi sa définition de cette discipline : «L’alpinisme appartient à ceux qui se donnent les moyens d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés, qui ne s’engagent pas qu’à moitié, qui connaissent la valeur de la solidarité entre les hommes, qui savent que c’est en s’encordant à ses semblables que l’être humain s’accomplit.» Ce documentaire est un petit joyau ouvrant un dialogue unique avec cet homme qui a côtoyé les plus grands de ce monde et qui, au final, demeure fidèle à ses montagnes, à ses paysages des alentours de Grenoble. De nombreuses images d’archives viennent enrichir et rebondir sur les confidences de Pierre Mazeaud, celui qui regarde encore et toujours vers les sommets en se remémorant ses amitiés et ses exploits.

 

Agenda montagne 2014, les 4 000 des Alpes, Pierre Abramowski et Maurice Schobinger photographes, éditions Glénat, 9,99 €

Comme chaque année l’agenda montagne devient très vite un objet indispensable. Celui de 2014, de par ses illustrations, reste à l’altitude 4 000 : c’est à cette hauteur que l’ensemble des portraits des géants des Alpes ont été photographiés depuis un hélicoptère en vol stationnaire. Une quarantaine d’entre eux sont présents dans ce petit fascicule sur les 82 sommets de plus de 4 000 mètres répertoriés par l’Union internationale des associations d’alpinisme (UIAA). Et bien sûr cet agenda rassemble l’ensemble des informations indispensables en plus d’un répertoire. Les pages pratiques concernent aussi bien la météo, les secours en montagne, les parcs, les sites Internet, les compagnies de guides et les associations.

 

Les Pingouins de Sinandaz, de Georges Bogey, éditions Livres du monde, 7 €

Saint-jeandin d’adoption Georges Bogey s’est (re)lancé corps et âme dans sa passion de l’écriture depuis qu’il a pris sa retraite, tout en entretenant son goût de la marche et de la randonnée. Deux disciplines amies qu’il a réunies dans l’un de ses derniers livres «Le Promeneur des Aravis». Sa carrière professionnelle l’a emmené du judo au tourisme. De quoi approfondir les voyages. C’est d’ailleurs par l’intermédiaire du judo que Georges Bogey découvre l’Asie et plus particulièrement le Japon. En découle le goût pour le haïku, ces poèmes courts renfermant l’essence du monde en quelques mots. En tout, une douzaine de livres ont été édités, dont une partie pour enfants, illustrés par son épouse Jacqueline.

Ce nouvel opus, «Les Pingouins de Sinandaz», est un conte qui peut être lu à tout âge. Il met en scène deux pingouins surgissant un beau jour dans un village des Aravis : Sinandaz. Un nom qu’il est inutile de chercher sur une carte ; il est juste sorti de l’imagination fertile de l’auteur. Les volatiles sont vus pour la première fois sur le rebord d’une fenêtre d’un chalet. Ils vont se faire une alliée, une fillette, Kypris, amie des poètes et souvent la tête dans les nuages. Ces deux pingouins, Ipso et Facto, vont devenir l’obsession des habitants. Les uns étant pour les garder ; les autres pensant qu’ils sont un danger pour le tourisme. C’est alors une question entre les Allumés et les Blafards.

Comme le dit l’auteur : l’arrivée d’étrangers dans un lieu amène presque inexorablement la «questionite aigüe». Jusqu’au jour où les gens voient des pingouins partout, dans tous les coins des Aravis, au point de s’insurger et de réclamer leur éviction du lieu. La jeune Kypris ne sera, au final, pas la seule à avoir appris de cette intrusion de pingouins dans sa vie. 

 

Transalpes VTT, 25 étapes du Léman à la Méditerranée, d’Eric Berioux, éditions Glénat,19,99 €

Cette itinérance relie en 25 étapes le Léman à la Méditerranée en passant par les plus beaux secteurs de cette partie de l’arc alpin. Dans ce guide, l’aspect  VTT est essentiel et le choix des parcours s’oriente vers le «mieux roulant possible» à la montée sur pistes, chemins et sentiers de préférence et en optimisant le ludique à la descente. Pour une approche touristique de qualité, les étapes passent au plus près des sommets et des massifs les plus prestigieux : dents du Midi, massif du Mont-Blanc, Pierra Menta, aiguilles d’Arves, Meije, Ecrins, Brec de Chambeyron... Les vallées incontournables ne sont pas oubliées comme la Tarentaise, la Maurienne, la Clarée, celles du Queyras, de l’Ubaye et du Haut-Verdon. Ce périple est un véritable voyage alpin sur trois pays (Suisse, France et Italie) et cette grande traversée peut être abordée de différentes manières. Il est ainsi possible de réaliser un voyage complet en enchaînant toutes les étapes sur une période d’un mois environ. Chacun peut tout autant s’allouer un temps donné en utilisant les points d’entrée et de sortie de ce parcours. Il est encore possible de sélectionner des portions de cette traversée et de se satisfaire d’un choix d’étapes ou de massifs pour une randonnée à la journée ou sur quelques jours.

 

L’Alpe n° 62, Le bois dans tous ses états, collectif, Glénat, 15 €

Depuis toujours le bois joue un rôle de premier plan dans les sociétés alpines. Que ce soit pour se chauffer, construire sa maison, fabriquer des meubles, des jouets ou bien des outils. Actuellement les forêts alpines représentent près de la moitié de la surface des Alpes et tiennent aussi une place prépondérante dans l’économie du milieu montagnard. Pendant des siècles elles ont été exploitées pour la construction navale, le charbon de bois ou les hauts fourneaux, utilisant le savoir-faire des bûcherons et des radeliers locaux à travers tout l’arc alpin européen. Indispensable à la vie quotidienne, ce matériau chaleureux qu’est le bois s’offre également à la créativité. Les montagnards profitaient des mois d’hiver pour embellir les objets de leur existence. Cet artisanat a perduré et aujourd’hui la filière connaît un certain renouveau. Le bois est actuellement redécouvert et les bienfaits de la forêt en particulier pour sa faculté à limiter les érosions des sols et les risques d’avalanche, mais aussi comme fabuleuse réserve de biodiversité.

Avec ce numéro la revue L’Alpe célèbre ses 25 ans d’existence. Elle reste unique en son genre : une revue trimestrielle consacrée aux cultures et aux patrimoines de l’Europe alpine dont le lectorat continue à augmenter au fil des numéros.

 

 

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