Portrait - N°87 - Août/Septembre 2011

Georges Bogey, le promeneur des Aravis

 

Auteur de livres de poésie, d’un témoignage, de contes pour enfants et de pièces de théâtre, Georges Bogey, Saintjeandin d’adoption, fait aujourd’hui parler ses pas vagabonds et ses promenades par pur plaisir des mots.

Lecture et écriture ont accompagné Georges Bogey tout au long de sa vie. Ou de ses vies multiples comme il le dit lui-même. Celles-ci l’ont conduit à des études de lettres avant d’avoir le coup de foudre pour... le judo et d’en faire son métier, puis à exercer ce sport dans un cadre plus large qui l’amènera à une carrière dans le tourisme. «Je n’ai jamais cessé de lire, c’est une passion d’enfance. J’ai également toujours écrit et une fois à la retraite je me suis retrouvé avec un tas de cartons et de brouillons dont une grande partie a été brûlée.» De tout cela il en ressort des écrits formalisés et la chance de trouver un éditeur. Avec humilité, Georges Bogey peut dire aujourd’hui «je suis écrivain. Dans le sens de passion et du fait que je passe mes journées à écrire.»

En remontant le fil d’une existence, le judo a amené Georges Bogey à s’intéresser aux haïkus, poèmes japonais, puis à des textes poétiques accompagnant des photographies du Japon. Partis d’un cadeau à leurs petits-enfants, l’auteur et son épouse, Jacqueline, ont par la suite auto-édité des livres pour enfants. Puis est venue la rencontre avec Méas Pech-Métral, rescapée cambodgienne des khmers rouges, avec laquelle il écrit un livre témoignage. «C’était un livre pour et avec Méas.» Et la commande d’une pièce de théâtre Big Bang s’est transformée en trilogie avec les Allumeurs de lune, dont la troisième partie est en projet d’écriture.

Une marche sereine

Longtemps grand randonneur et adepte de la montagne, ayant gravi par exemple le mont Blanc plusieurs fois, Georges Bogey avoue qu’avant 50 ans «j’étais très sportif. Mais vulgairement je montais la tête dans le sac ! Tous les dimanches, on fait des randonnées mais la tête ne pense pas.» Aujourd’hui le souci d’arriver au sommet n’est plus un but. «Je pourrais dire que désormais je pratique la marche sereine, cela permet de mieux voir les choses, de regarder, de rêver, de remonter dans sa mémoire, de penser à son enfance. Si avant je marchais pour arriver au sommet maintenant je marche pour rien et les choses viennent ou non. Aujourd’hui je n’ai pas honte de ne pas atteindre le sommet. Je suis passé d’une marche sportive à une marche promenade où la tête est disponible et c’est une expérience curieuse. Parce qu’à un moment donné on ne sait plus qu’on marche, c’est alors une mise en disponibilité et une liberté que l’on se donne.»

Pour autant l’auteur reconnaît que certaines contraintes résistent à la rêverie. «C’est comme ce petit raidillon qu’il faut quand même monter. La marche sereine nécessite parfois de faire un effort. Tout comme l’écriture. Elle me demande à un moment donné des efforts de travail.» Parce que Georges Bogey peut écrire six à sept heures par jour s’il est seul. «Si la tête ne suit plus, je pars me promener.» 

Et l’on revient sur ces sentiers vagabonds, le sujet de son dernier livre Le Promeneur des Aravis. «Ce livre ne démontre rien, il montre simplement des choses. Si l’on est attentif à ce qui se passe dans notre monde, on fait des découvertes sur soi.»

Celui qui exprime sa chance d’avoir toujours pu vivre à la montagne a d’abord eu une résidence secondaire à Saint-Jean avant de venir y vivre avec sa femme. Georges Bogey le dit : «J’écris parce que je lis et je lis parce que j’écris, tout se tient. Vivre avec les autres implique d’être attentif aux dialogues ou aux écrits. Tous deux permettent de découvrir le monde de l’autre.»

Il ne reste plus au lecteur qu’à emboîter le pas du promeneur des Aravis.

 

«Je marche pour écrire»

Le dernier livre de Georges Bogey, Le Promeneur des Aravis est un recueil de textes contant les impressions de l’auteur durant ou au retour de randonnées ou de simples balades autour de chez lui. On est loin du guide de randonnées, peu de promenades sont inscrites dans un sentier reconnaissable. Les textes de Georges Bogey sont emplis de poésie et parfois un haïku «vient ponctuer, éclairer sous un autre angle le texte. Parfois il est en décalage.» Dans une histoire l’auteur décrit fort bien cette sensation : «Je marche pour écrire. Mes mots sont mes pas. […] Après je mets tout ça sur papier.» Ces textes tendent vers une philosophie de vie où «le seul voyage à faire est celui de l’étonnement». Ils font écho au Promeneur de la Butte Montmartre, de son ami Paul Desalmand. Les rencontres sont multiples et parfois cocasses, une autre tend vers la tristesse ou la nostalgie. Des rencontres de renard, de feuille et d’homme qui pleure, mais aussi de brouillard, de pierre et de maçon. Tout au long de cet ouvrage nous cheminons en bonne compagnie.

 

Le Promeneur des Aravis, de Georges Bogey, éditions Livres du monde, collection Récits vagabonds, 16,50 €

Les livres pour enfants du couple Bogey sont exclusivement vendus à la librairie des Aravis à Thônes.

Georges Bogey sera, à partir du mois de septembre, sur Radio Semnoz pour un cycle d’émissions littéraires. Tél. 04 50 02 38 47

 

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