La Clusaz - N°62 - Juin/Juillet 2007

Les 10 ans de l'association des résidents

Le 3 août, l'association des résidents de La Clusaz soufflera ses dix bougies, l'occasion de revenir sur son histoire et d'envisager l'avenir. Entretien avec sa présidente, Mireille Sertout.

 

Comment est née votre association ?

A l'origine, c'est un petit groupe d'amis très attachés au village qui ont désiré partager cette passion et décidé de participer un peu plus à la vie de la commune en proposant leurs idées et en manifestant leur opposition lorsque l'environnement et le cadre de vie étaient menacés. L'urbanisation était, à cette époque, très importante et inquiétante parce que sans vraiment de ligne directrice. Il n'y avait pas de point de repère comme un SCOT (schéma de cohérence territoriale) et d'aménagement durable.

Immédiatement, deux citoyens d'honneur nous ont rejoints : Geneviève Clément et Jean Offredo. Je me souviens que nous avons été submergés de demandes d'adhésions. Nous ne nous attendions pas à un tel succès et n'étions pas encore bien organisés. Cette structure correspondait à des attentes que nous avons ensuite affinées.

 

Comment se sont poursuivis l'organisation et les actions ?

Nous avons obtenu l'agrément pour la défense de l'environnement en 2000, selon l'article L.252-1 du code rural. L'association est ainsi reconnue comme association locale d'usagers par le code de l'urbanisme. Ce qui nous permet de participer à l'élaboration du PLU (plan local d'urbanisme). Dans chaque enquête publique nous donnons notre avis. Des adhérents ont mis spontanément leurs compétences au service de l'association. Jean-Claude Rondeau et Jacques Villé, ingénieur général des Ponts et Chaussées, ont fait une étude du POS (plan d'occupation des sols) avec des remarques et suggestions très sérieuses, en y incluant les problèmes de circulation et l'utilité d'aménager des sentiers piétonniers pour rejoindre le village. Une étude sur l'air a été réalisée par Jean-Pierre Doiteau. Nous avons aussi confié à deux étudiants de l'Ecole de management Lyon une étude d'impact des résidents dans la vie économique de La Clusaz. Celle-ci reste une référence et a servi de modèle à d'autres stations.

Jean-Pierre Doiteau, qui est ancien directeur d'une agence de presse, représente notre association au sein du conseil d'administration de l'office de tourisme. En prodiguant ses conseils, il crée un lien permanent entre l'association et l'OT qui reste un lieu stratégique pour l'orientation des loisirs. Nous lui devons aussi beaucoup pour l'amélioration de notre bulletin qui est maintenant traduit en anglais. Il ne faut pas oublier le travail effectué par notre webmaster, Jean-Yves Porret, grâce auquel nous avons un site attractif où la mise à jour est efficace.

 

Comment se passe la vie associative ?

La convivialité était aussi l'un de nos objectifs. Un groupe de bridgeurs, sous la houlette de Jean-Claude Rondeau et Guy Breil, a constitué un club de bridge. Il a tout de suite séduit nos adhérents mais aussi les vacanciers de passage et ceux des environs. La demande était forte et au bout de quelques années, le club a été cédé à la municipalité qui en a fait un club intercommunal homologué, aujourd’hui présidé par M. et Mme Allemand.

Et pour créer une animation dans le village, nous avons organisé des vide-greniers. Il y a deux ans, nous avons confié cette manifestation à Dominique Thovex, président de l'association Patrimoine et Traditions, structure que nous soutenons.

Depuis quatre ans, nous proposons aussi des sorties culturelles comme la visite de la fondation Gianadda, le barrage d'Emosson. La dernière était la visite du patrimoine de Megève. Des conférences, des débats, des séances de dédicaces font régulièrement partie de notre programme. Nous comptons 350 familles fidèles depuis le début. Et tout ce travail est le fruit des adhérents qui nous aident et nous soutiennent.

 

Quels sont les dossiers de La Clusaz qui vous tiennent à cœur ?

Il n'y a pas de dossiers qui nous tiennent à cœur, mais des sujets auxquels nous sommes plus sensibles. En particulier tout ce qui concerne le patrimoine, l'environnement et le cadre de vie.

Le patrimoine, c'est-à-dire la préservation, la sauvegarde de l'habitat qui a une valeur patrimoniale, culturelle et architecturale, parce que c'est l'identité de La Clusaz. Nous avons subi une période que j'appelle de «déconstruction». J'espère que suivra une période de restauration.

L'environnement, c'est-à-dire la protection de la nature parce que c'est l'avenir, le seul produit non délocalisable qui générera des emplois.

Les ressources naturelles, en particulier l'eau parce que l'on en consomme de plus en plus et qu'elle se fait de plus en plus rare.

Pour ce qui est du cadre de vie, cela comporte tout d'abord la sécurité des personnes et des biens. La mise en place du PPR (plan de prévention des risques) sera un progrès considérable.

Il y a aussi le développement de la mobilité douce, un dossier sur lequel j'ai travaillé et qui a toute son importance. La circulation intense des voitures, en particulier dans certains secteurs très urbanisés comme la route des Confins, la route du col des Aravis, la route des Clus, implique une sécurisation des piétons par des cheminements qui leur soient réservés. La valorisation du label Famille Plus est aussi importante, comme par des mesures incitatives aussi bien sur les prix que sur les structures d'accueil, y compris des lieux où les mères de famille puissent se promener avec des poussettes en sécurité.

Tous ces sujets sont d'actualité et ne laissent pas place à l'erreur.

 

Comment jugez-vous l'évolution de La Clusaz ?

Pour reprendre une phrase célèbre «Tout est possible», La Clusaz a de multiples facettes. Elle peut les développer si elle cherche la complémentarité entre elles et non la discordance. Par exemple, dans le domaine des loisirs, un événement ou une animation n'est valable que s'il ne nuit pas aux autres. Pour cela la destination des lieux est à définir et c'est le rôle du PLU.

 

Et comment voyez-vous le futur de la station ?

Je pense que le développement de la station de sports d'hiver est arrivé à sa maturité. Il faut penser à la vie du village toute l'année. La saison d'hiver ne suffit plus à faire vivre La Clusaz. Sa situation géographique et son altitude en font un lieu idéal pour développer d'autres secteurs économiques qui redynamiseraient le commerce. Il faudrait aussi rendre plus agréable le centre du village et qu'il devienne un lieu de rencontres ; qu'il y ait des animations de quartiers et la liberté d'initiative laissée aux intéressés.

Et puis il me paraît indispensable de construire une salle pour les concerts, les congrès. Parce que sans outil on ne peut rien faire. J'ai été la seule à demander que l'on envisage de construire une salle au-dessus des parkings des Dames. On se serait aperçu qu'il fallait prévoir une route pour les secours et c'est ce qui manque aujourd’hui pour organiser une animation sur ce terrain.

Enfin, pour certains projets comme le golf, compte tenu du contexte agricole qu'il faut à tout prix préserver, il conviendrait de faire jouer l'intercommunalité pour créer un beau projet ensemble. L'idée d'Edgar Grospiron de créer un centre d'entraînement qui nécessite peu de terrain reste, de mon point de vue, une idée très valable.

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Courrier des lecteurs
Faisant suite à l’ouverture de l’enquête publique concernant la révision partielle du schéma de cohérence territoriale (SCoT) sous l’égide de la Communauté de communes des vallées de Thônes, qui s’est déroulée du 7 décembre au 8 janvier, nous avons reçu un courrier de Madame Catherine Garrigue de Jouars-Pontchartrain (78) et résidente au Grand-Bornand. Il s’agit d’une lettre envoyée à la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.

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